Viol: guide pour réapprivoiser l'intimité à deux

août 31, 2017

Viol: guide pour réapprivoiser l'intimité à deux

Marie-Laurayne Poulin
Conseillère LUV & intervenante à GRIS Estrie

Après avoir subi des violences à caractère sexuel, il est normal d’être réticent-e aux relations sexuelles ou d’éprouver des difficultés au sein du couple. Bien qu’il soit impossible d’effacer son passé, on peut en guérir. Voici donc 7 trucs écrits par une survivante de viol, pour les victimes d’agression(s) sexuelle(s).

1- En parler

Pour se libérer du sentiment de honte, il est primordial d’en parler à des gens de confiance. Ils pourront ainsi vous apporter leur soutien dans les démarches que vous souhaitez entreprendre.

2- Chercher de l’aide auprès des ressources disponibles

Que ce soit pour porter plainte, dénoncer votre agresseur-e ou réclamer une indemnisation à l’IVAC, les intervenantes du CALACS peuvent vous accompagner. Les intervenantes de CALACS Agression Estrie offrent aussi des rencontres ponctuelles ou en suivi gratuites. Vous pouvez aussi aller chercher de l’aide auprès d’un-e psychologue ou d’un-e sexologue. N'hésitez pas à prendre le temps de magasiner votre psy ou votre sexologue, car un suivi avec quelqu'un qui ne vous convient pas ne vous aidera pas. 

3- Se donner le temps

Il se peut que le processus de guérison dure plusieurs années; ne perdez pas espoir. Allez-y à votre rythme et soyez patient-es avec vous-même. Ne vous forcez surtout pas à faire quoi que ce soit si vous ne vous sentez pas prêt-es à le faire.

4- Le consentement

On ne le répétera jamais assez: le consentement est essentiel. Un-e partenaire qui demande la permission avant de vous toucher et qui s'assure de votre bien-être durant les relations sexuelles, c'est vraiment rassurant.

5- Connaître ses déclencheurs

Plusieurs victimes d’agression(s) sexuelle(s) développent un SSPT (syndrome de stress post-traumatique) : ainsi, une odeur, un son, une façon de se faire toucher, etc. peuvent déclencher des flashbacks du viol. Par exemple, quand mon partenaire et moi avons décidé d’être intimes sexuellement, j’ai réalisé qu’être écrasée sous lui durant la pénétration était un de mes déclencheurs. On a donc rayé la position du missionnaire de nos possibilités et depuis, tout va mieux.

6- (Ré)Apprendre à dire non

Il est important de trouver des façons alternatives de communiquer votre refus, malaise ou inconfort à votre partenaire si vous avez du mal à dire non. Ça peut être en utilisant un code de couleur où le vert signifie ‘’continue'' et le rouge ''arrête''. 

7- Se réapproprier son corps

Faites-vous plaisir: changez de tête, faites-vous tatouer, prenez des cours d'autodéfense, etc. Ce sont toutes des façons saines de vous sentir bien, en sécurité et en contrôle de votre corps.

N'oubliez pas que rien de ce qui vous est arrivé n'est de votre faute. Soyez doux-ces avec vous-mêmes. Vous n'êtes pas seul-es et votre situation ne peut que s'améliorer avec le temps: courage!





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